Matthieu Vulpillat : De la simplicité et de la rigueur

Préambule
Vers la fin des années 80’, Matthieu Vulpillat a réussi ses études supérieures à l’ESLSCA (École supérieure libre des sciences commerciales appliquées), une école de commerce à Paris, avec deux spécialisations : Finances et Affaires internationales. Suite à cela, Matthieu a travaillé à l’international sur des zones opérationnelles telles que l’Allemagne, le Japon et les États-Unis.

Matthieu Vulpillat : “J’ai été souvent au Japon et en Asie, ces voyages m’ont permis de découvrir des approches culturelles et managériales complètement différentes.Suite à ces différentes expériences, j’ai repris la société RVE, créée par mon père. RVE avait deux sociétés : l’une, sous-traitante de sociétés du métier et l’autre, dans l’industrie”.

Après Roland Vulpillat, voici Matthieu

A13-01-equipeDonc, en 1998, Matthieu a récupéré RVE, société pour laquelle, dans un premier temps, il s’est occupé de la partie commerciale ; ensuite de la direction générale.

Parallèlement, il a suivi un complément de formation au niveau technique dans divers domaines. Ce fut aussi bien des domaines de réseaux, de sources lumineuses et aussi les aspects technologiques, c’est-à-dire tout ce qui est l’emballage du produit, sa technologie de construction.

Matthieu Vulpillat : “Cela m’a permis d’avoir un double bagage, aussi bien commercial que technique”.

Aujourd’hui, Matthieu dirige les deux entreprises, mais la seconde n’est pas du tout dans le domaine d’activité.

La diversification : chef d’entreprise & enseignant

A13-05-extNon seulement Matthieu Vulpillat est chef d’entreprise mais, pour avoir une meilleure emprise directe sur le métier, il enseigne aussi.

Matthieu Vulpillat : “Dans la partie enseignement, ce qui me paraît important, c’est la possibilité de transmettre de manière simple un certain nombre de concepts techniques car je crois fortement au fait que la simplification de la partie technique permet de se concentrer sur la création artistique, dans le milieu du spectacle. Il y a beaucoup de gens qui ont une approche où la technique n’est pas forcément démystifiée. Et je pense qu’il est toujours important que la partie technique soit simplifiée, d’autant plus que le métier est de plus en plus technique dans la mesure où les technologies et les techniques employées sont de plus en plus sophistiquées”.

Son approche est une approche de simplification. Matthieu enseigne dans plusieurs centres de formation, il enseigne aussi bien des matières techniques que managériales. L’objectif est de faire la synthèse des problématiques techniques de tout leur environnement et de les présenter de la manière la plus simple possible.

Pour la partie technique, Matthieu s’occupe spécifiquement des problématiques liées à la lumière, aussi bien l’éclairage à LED que les réseaux, DMX 512, …

Dans l’exercice de leurs fonctions, les personnels techniques sont dans un environnement très technologique. Ce contexte ne fait que croître. Par exemple, l’éclairage automatique prend une place prépondérante par rapport à l’éclairage traditionnel. Cela demande une maîtrise encore plus précise des concepts techniques et technologiques afin d’obtenir un résultat artistique parfait.

Matthieu Vulpillat : “L’objectif que je me suis défini dans le cadre de l’enseignement que j’apporte, c’est justement de faire en sorte que l’approche soit pragmatique, simplifiée, de manière à ce qu’elle soit démystifiée. L’objectif est qu’elle soit appliquée dans un minimum de temps pour se concentrer sur la création ou toutes les autres tâches définies dans le poste”.

Matthieu considère que le retour d’information est toujours très intéressant dans la mesure où il est en contact avec plusieurs générations de professionnels du spectacle. C’est toujours passionnant de voir les différentes conceptions en fonction des générations. Cela permet aussi d’avoir des contacts, d’échanger des points de vue par rapport à des approches aussi bien techniques que des analyses de marché.

Ce qui est attachant c’est l’ouverture d’esprit. Matthieu tient beaucoup à cela.

RVE, fabricant français

RVE est fabricant depuis toujours. Matthieu Vulpillat a choisi de maintenir une unité de production en France. RVE fabrique historiquement du gradateur (des blocs de puissance et des armoires de gradateurs), ce qui a fait connaître la société. C’est grâce à quoi l’entreprise est passée, à l’époque, de sous-traitant à constructeur. Et RVE a complété son activité cette dernière décennie par une fabrication de projecteurs. Chez RVE, on conçoit et on fabrique : les études de conception des produits ne sont pas sous-traitées. En opposition avec certaines autres sociétés qui font appel à des compétences extérieures pour la création de leurs produits.

Matthieu Vulpillat : “J’y tiens beaucoup car cela permet un suivi essentiel du produit et une évolution dans le temps qui est une garantie. Nous ne fabriquons plus pour d’autres sociétés, uniquement pour notre marque.”

 

La suite de cet article dans le N°201 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro