Les équipements audio – Cité de la Musique

Voilà presque vingt ans que la Cité de la musique a ouvert ses portes dans le parc verdoyant de la Villette à Paris. Sous tutelle du ministère de la Culture, elle met en valeur toutes les musiques bien qu’elle ait été conçue plus pour de la musique de chambre. Elle comporte un musée de la musique, mais aussi des expositions, des ateliers, ainsi qu’une documentation très fournie. La Cité c’est aussi deux salles de concerts : l’amphithéâtre, comme un lobe à cette grande oreille, comporte 243 places, et est en soit tout à fait digne d’intérêt de part sa programmation qui inclut aussi du ciné-concert (Marc Ribot le jour où j’y suis passé) en plus des concerts, mais surtout la grande salle entièrement modulable (900 à 1 600 spectateurs) qui s’illustre par son acoustique exceptionnelle, en plus d’être une œuvre architecturale magistrale tout comme l’ensemble du site conçu par Christian de Portzamparc.

Laissons Didier Panier, ingénieur du son présent dès l’ouverture de la salle en 1995, nous détailler tous les secrets de cette oreille absolument musicale.

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Didier Panier : Je suis arrivé à la Cité de la musique une année avant son ouverture en 1995. Je venais de l’Opéra Bastille. J’ai travaillé sur la base de ce qui avait déjà été décidé, mais j’ai pu modifier et adapter le projet car il était déjà assez ancien. Le projet initial était de faire une grande Cité de la musique avec le conservatoire, cette salle de concert plutôt dédiée à la musique de chambre, et la Philharmonie. Cette dernière, dessinée par de Portzamparc, n’a jamais vu le jour à l’époque. Il y a eu d’abord le conservatoire, puis cette salle qui a mis du temps à être achevée.

Toute l’infrastructure filaire, analogique à l’époque, était déjà déterminée, ainsi qu’un certain nombre de matériels.

A08-01-vueaeriennephguignardAS : Est-ce qu’elle avait déjà une fonction polyvalente ?

Plus ou moins. Elle avait été voulue par Pierre Boulez pour la musique de chambre, avec un aspect modulable. Et donc l’acoustique correspond tout à fait à ce type de musique. Puis, la programmation est devenue plus éclectique et donc moins en adéquation avec cette acoustique. On a une reverb pas trop longue, environ 2,2 sec., et l’acoustique modulable conçue à l’origine permet de mater la salle pour avoir moins de résonnances pour les musiques amplifiées : le plafond est composé de trois zones de panneaux absorbants (quand ils sont ouverts le son est absorbé par la laine de verre à l’intérieur), plus un système de rideaux sur tout le pourtour du troisième et dernier balcon, mais ça ne joue pas tellement sur le temps de reverb. On a ainsi trois réglages possibles qui pilotent un certain nombre de panneaux éparpillés dans la salle. Pour autant, cela ne suffit pas pour des musiques amplifiées.

 

La suite de cet article dans le N°201 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro