La Philharmonie de Berlin – Une utopie musicale

L’AS s’est depuis longtemps investie dans la présentation et l’analyse des édifices musicaux. L’approche architecturale a toujours été abordée dans son rapport avec l’acoustique. En 2013, le n°189 était consacré aux auditoriums de Lille et de Bordeaux et dans le n°200, deux articles portaient sur la Cité de la musique de Romans.

Avant de consacrer différents articles à La Philharmonie (inaugurée au mois de janvier) qui relève d’un événement, nous avons voulu débuter par une visite des philharmonies étrangères.

Il aurait été impensable de parler des architectures des philharmonies sans analyser la référence dans le renouveau de l’approche des salles de concert que représente celle de Berlin. Depuis sa construction, aucune nouvelle salle de concert n’a été pensée sans être plus ou moins inspirée par la référence de Berlin. L’archétype du lieu de musique contemporain se configure sous les formes visionnaires de l’architecture de la Berliner Philharmoniker.

Ce projet répondait à une vision de démocratisation de la fréquentation des salles de musique à Berlin imprégné d’une utopie musicale. Elle se lit dans une nouvelle forme de salle qui a été le moteur de l’ensemble de l’architecture. La volumétrie, la façade, l’extérieur répondent à la conception de ce nouvel outil.

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La salle de concert, dessinée par l’architecte berlinois Hans Scharoun, a ouvert ses portes le 15 octobre 1963. Aujourd’hui, le domicile de l’Orchestre philharmonique de Berlin sur la Kemperplatz est devenu l’un des symboles de la Ville.

En raison de sa forme de chapiteau, le podium se situant au centre du bâtiment, les Berlinois attribuèrent vite le sobriquet de “Cirque Karajani” à l’édifice, faisant ainsi allusion au chef qui dirigea pendant longtemps l’Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert von Karajan.

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Un quartier culturel

Le Kulturforum, à l’origine dans Berlin Ouest, situé près du Mur, avait été pensé comme un quartier culturel dans les années 60’ avec ses différents équipements comme la bibliothèque d’État de Berlin (Staatsbibliothek) et la Philharmonie conçues par Hans Scharoun, puis la salle de musique de chambre construite d’après une esquisse de Scharoun par son élève Edgar Wisniewski, le Centre d’art contemporain (Neue Nationalgalerie) de Mies van der Roh et le Musée de la galerie de la peinture par Hilmer et Sattler ; mais cette place reste encore problématique et de nombreux projets sont en cours d’étude.

L’espace lumineux de la bibliothèque était le décor des premières scènes des Ailes du désir, lieu magnifiquement filmé par Wim Wenders où Bruno Ganz, en ange réconfortant, entamait :

“Lorsque l’enfant était enfant,

Il ne savait pas qu’il était enfant,

Tout pour lui avait une âme, …”

 

La suite de cet article dans le N°201 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro