Guy Vignet : l’expérience d’avoir pratiqué le même métier que celui de ses clients d’aujourd’hui

La fantaisie et la liberté d’imagination ne s’acquièrent pas comme ça, qu’il y faut du temps, de l’obstination, de la sévérité, de la rigueur, des mathématiques, de la raison.

Philippe Sollers

capture-decran-2016-10-12-a-14-54-19Originaire de Lorraine, Guy Vignet a suivi un cursus “normal” dans le secondaire. Mais ce sont les moments de loisirs avant tout consacrés à la musique qui étaient primordiaux. Avec son ami Didier Dal Fitto —une amitié datant depuis l’adolescence !—, ils ont commencé ensemble à faire de la musique ; à l’époque, c’était du rock progressif. Pour la répartition des rôles, Didier était aux claviers et Guy Vignet, n’étant pas un assez bon musicien, avec instinct et raison, s’est mis rapidement à mixer du son avec les moyens du bord de l’époque !

Et puis, très vite, comme ils étaient attirés tous les deux par le son et la technique, tout en étant encore étudiants, ils ont débuté comme prestataires en sonorisation pour les milieux associatifs, sans structure, élaborant et construisant leur propre matériel. C’était aborder l’univers technique et musical par sa matière première. Cette époque un peu folle où tout était permis, a forcément forgé un début d’aventure, petit à petit une expérience qui a soudé leur duo. C’était une époque formidable où il fallait tout inventer, il n’y avait pas de structures de diffusion pour le spectacle, et donc pas d’assistance. Il fallait beaucoup de passion et d’enthousiasme, et aussi de sacrifices, pour réaliser tout cela.

Donc, c’est avant tout un binôme de deux personnes, très complémentaires. Didier Dal Fitto est un scientifique brillant. Il a d’ailleurs été admis sur concours à l’école Louis Lumière à Paris ; il en est sorti diplômé, à une époque où cela voulait dire encore beaucoup de choses puisque les heureux élus, pour suivre un tel cycle chaque année, n’étaient pas très nombreux. De son côté, Guy Vignet était plus attiré par le côté gestion d’entreprise —ce qui était une très bonne chose pour leur duo—, avec un bac de gestion en poche, il le complètera avec une licence en droit. Avec leurs solides bagages théoriques, ils se sont retrouvés (Guy avait vingt-trois ans et Didier vingt-et-un) face à leur passion qu’étaient la technique, le son, l’artistique et à une décision. Monter une “boîte”, ce n’était pas compliqué, il y a une trentaine d’années. Donc ils sont partis, diplômes en poche, sans expérience mais beaucoup d’enthousiasme et d’envie. Ils ont créé leur première société en 1980.

Guy Vignet : “Initialement, la raison sociale historique était Audio Services, ce qui exprimait très bien quelle était notre ambition. C’était de l’audio et on y voyait surtout le côté prestation de services. Nous rêvions de faire comme les grandes sociétés de location (surtout comme LA grande société française, Régie-Scène, ou comme les quelques sociétés de location anglaises), c’était en quelque sorte notre GraalPetite parenthèse historique qui a beaucoup de valeurs humaines pour nous. Didier et moi, nous sommes originaires de Lorraine. Mes parents sont venus de Normandie, travailler en Lorraine, les grands-parents de Didier sont venus d’Italie (le Venetto) pour aussi les mêmes raisons. À l’époque, la Lorraine, c’était un peu l’eldorado pour les gens qui étaient courageux, qui voulaient bien se retrousser les manches. Donc, nous sommes tous les deux Lorrains. Nous habitions à trois cents mètres l’un de l’autre. Il est certain que l’un a enrichi l’autre, et c’est cela qui a permis de créer cette histoire originale.  Et depuis lors, l’aventure continue.”

Donc en 1980, nos deux compères ont démarré Audio Services. Il s’est trouvé un homonyme parisien, ce qui a créé une confusion et quelques péripéties juridiques dont Guy s’est bien dépétré. Donc un peu plus tard, Didier et Guy décidèrent de trouver une nouvelle raison sociale, et Lagoona est née.

Au départ, la société a démarré dans un garage ! Le siège sur Metz, ils ont très vite appris, Lagoona a rapidement grandi en taille et a élargi progressivement le spectre des activités. Mais à l’époque, pratiquer uniquement la prestation de services en région ne permettait pas d’avoir une taille suffisante pour exister à un niveau national. Pour pallier ce manque, nos deux amis ont rajouté au son l’éclairage, et à la prestation toute une partie d’intégration pour essentiellement répondre aux marchés publics concernant les équipements de théâtres et autres salles avec déjà des partenariats avec les marques Nexo, Avab et Robert Juliat, pour ne citer que les plus importantes.

 

La suite de cet article dans le N°193 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro