La cathédrale des travailleurs

Le Vooruit à Gand (Gent) en Belgique, un lieu de rencontre, de culture et d’engagement social

En 1913, la coopérative socialisteVooruit” (en avant) fit construire sa Salle des Fêtes par l’architecte Ferdinand Dierkens. Celui-ci fut confronté à un sérieux problème : le terrain à bâtir avait un dénivelé de 12 m. Il le résolut en creusant encore plus en profondeur. Résultat : un avant-corps et une partie arrière sont reliés par lasalle des pontset lejardin d’hiver”.

Sous la devise L’art ennoblit, les ouvriers disposaient d’un café, d’un restaurant populaire, d’une bibliothèque, d’un local pour l’harmonie et d’une salle de sport. La partie arrière contenait une salle de cinéma et un théâtre, l’un superposé sur l’autre, et aussi trois foyers spacieux.

[singlepic id=1425 w=250 float=left]Pendant plusieurs décennies, la Salle des Fêtes fut le bastion culturel du mouvement socialiste gantois. Mais dans les années 1970, la Salle des Fêtes semblait avoir perdu sa fonction car le bâtiment se dégradait rapidement ; il fut progressivement abandonné. Le lieu devint le palais des pigeons !

Le hasard fit qu’un jour de pluie battante, des étudiants en photographie s’abritèrent dans le Vooruit. Intrigués par leur découverte, ils firent leurs travaux de fin d’étude sous forme de présentation d’une exposition de photos et éditèrent un livre concernant cette “perle” en perdition.

Et voilà que le miracle se produit au début des années 80’ : un groupe de jeunes passionnés se réunissant dans un café, conçoit des plans, car la Ville de Gand avait besoin d’un lieu pour les concerts de rock, de jazz, et les représentations de danse moderne.

[singlepic id=1426 h=250 float=center]

[singlepic id=1427 w=250 float=right]Le 1er avril 1982, nos jeunes fondent une ASBL (association loi 1901) et signent un contrat avec le propriétaire. Ils persuadent la coopérative d’origine de leur confier les rênes de la Salle des Fêtes, coupent les liens étroits avec le mouvement socialiste et installent dans le bâtiment un centre socio-culturel progressiste. Avec enthousiasme, ils se retroussent les manches car le chantier est colossal. Peter Van den Eede, un des volontaires, raconte : “Avec un collègue, nous devions nettoyer le grenier. Très vite, les puces et autres bestioles nous mordent de toutes parts. Je crois que c’est là que notre programmation de la danse a commencé, avec nos convulsions après chaque piqûre !

En 1983, une grande avancée : le Vooruit est classé comme monument historique, il ne peut plus être détruit. Les Élus donnent le feu vert et accordent une subvention pour la restauration des 20 000 m² de surface, 512 portes, 365 chambres, …

[singlepic id=1428 h=250 float=center]

La suite de cet article dans le N°192 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro