L’Auditorium de Bordeaux

L’Orchestre national de Bordeaux-Aquitaine a enfin son lieu de résidence. La genèse de l’Auditorium de Bordeaux est singulière. Il doit sa naissance à l’initiative privée d’un architecte et d’un maître d’ouvrage, le besoin d’une salle pour l’ONBA et un site disponible. La ville de Bordeaux a suivi cette initiative.

 Introduction

[singlepic id=1231 h=250 float=left]En 2007 et 2008, nous avions publié sur trois numéros (AS n°155, 156 et 157), un ensemble d’investigation et de recherches sous le titre La musique classique et ses lieux. Il en ressortait une grande activité vivante et un potentiel créatif à tous les niveaux. Mais un déficit des espaces adéquats et spécifiques était visible surtout pour la résidence des orchestres nationaux. Les projets des auditoriums étaient attendus.

En janvier 2013, deux auditoriums ont été inaugurés. L’Orchestre national de Lille (ONL) et l’Orchestre national de Bordeaux-Aquitaine (ONBA) ont trouvé leur lieu de résidence, répétition et de présentation. Deux lieux et deux démarches et d’approches différentes, un chef d’orchestre pour l’un, un architecte pour l’autre, mais animées par la même persévérance basée sur une même passion, celle de la musique.

 ONBA – Palais des sports

L’Orchestre national de Bordeaux-Aquitaine est composé de cent vingt musiciens qui depuis 1988 répète, joue et présente dans un Palais des sports reconverti pour une jauge de mille cent places. La salle, avec de mauvaises conditions de visibilité et d’acoustique, n’est pas adaptée à un orchestre symphonique malgré quelques aménagements acoustiques effectués. “C’est Alain Lombard qui, face à un manque de place pour l’orchestre, avait demandé à aménager le Palais des sports pour donner une capacité de présentation à l’orchestre qui avait beaucoup évolué sous sa direction. Et si pendant quelques années, le public a suivi, ces dernières années, un net recul —dû aux mauvaises conditions de représentation— s’est fait ressentir.”, explique Dominique Ducasson, adjoint à la culturel à la mairie de Bordeaux. L’investissement du Palais des sports ne devait être que pour une durée de dix ans, en attendant la construction d’un auditorium.

[singlepic id=1232 h=250 float=center]Ce projet de construction remonte pourtant aux années 70’, d’abord dans l’ancienne gare d’Orléans du côté de la rive droite mais qui a été abandonné. En 1994, celui de Burdipolis qui devait se développer entre le cours de l’Intendance et la rue Porte Dijeau n’aboutira pas et le projet d’un auditorium sera abandonné.

Historique du projet

[singlepic id=1233 h=250 float=left]En 2002, le grand écran Gaumont, une institution de la ville de Bordeaux depuis 1930, quitte le cours Clemenceau pour exploiter un multiplex au centre de Talence. Son départ crée ainsi une dent creuse en plein centre de la ville, sur un îlot avec une entrée étroite qui participe à l’isolement du lieu.

Un maître d’ouvrage, Michel Ohayon, et un architecte mélomane et passionné de musique, Michel Pétuaut-Létang, ont proposé au maire de Bordeaux, un programme d’auditorium clé en main rentrant dans un programme immobilier comportant des parkings, des logements et un auditorium. […] La mairie accepta un VEFA (vente en état de futur achèvement) sur l’auditorium avec un prix fixé et négocié depuis le début de l’opération et des phases de versements financiers. Des relations entre la ville de Bordeaux et l’architecte ont permit de suivre l’évolution du projet. […] La mairie n’avait pas de pouvoir décisionnel. Si la ville était trop présente, il y aurait intrusion et on aurait pu être très vite en dehors du contrat de la VEFA, mais nous étions sécurisés par la personnalité de l’architecte.”, précise Dominique Ducasson.

Ce n’était donc pas une commande de la ville et, plutôt que de louer l’auditorium, Alain Juppé a préféré l’acquérir. Aujourd’hui, la ville en est le propriétaire et Le Grand Théâtre-Opéra le gestionnaire.