Rue de la soif chante la Sirène

“Quelque part dans le port, le long de la rue de la soif, au bout du bout de la ville, le bassin à flot
de La Rochelle abrite un bâtiment sans âge, sans allure et sans usages qu’habituellement les villes
détruisent pour du passé faire table rase, édifier l’avenir, reconquérir les friches…
Enclavé depuis la création du port autonome dans une zone portuaire interdite au public,
le bâtiment peut recevoir un public dont la ville se méfie, celui qui fait du bruit, du tapage nocturne,
du décibel en pagaille : le public des musiques actuelles. C’est par sa place dans le port qu’il sera finalement sauvé :
la vieille carcasse de béton et d’acier, éloignée des zones sensibles d’habitation, fera parfaitement l’affaire.”

Patrick Bouchain

[singlepic id=506 w=250 float=left]À l’origine était un bâtiment des années 20’, une ossature massive sans cachet particulier, 3 000 m² servant au stockage des graines, trois plateaux de 1 000 m² installés sur le port autonome face à l’île de Ré. À l’arrivée, la Sirène —dessinée par Patrick Bouchain— arbore sa tête de toile jaune sur les quais du port autonome de La Rochelle – La Pallice.
On ne sait pas si elle va s’envoler où se retourner pour aller voguer sur les flots.
Le lieu est impeccable. Beau, insolite, fonctionnel. Bouchain a métamorphosé la modeste bâtisse en un lieu joyeux, élégant et insolent, ces lieux à dimension humaine dont il a le secret.
Promenade en compagnie de David Ferrier, son directeur et rencontre avec Gilles Bayet, directeur adjoint.

Les origines

[singlepic id=507 w=250 float=right]L’idée et la volonté de créer un lieu pour les musiques actuelles à La Rochelle n’est pas récente. À vrai dire, Café Programmation avait déjà travaillé au programme et le cabinet d’architecture King Kong à Bordeaux avait imaginé un premier projet. Jean-Pierre Heintz, DAC de la ville de La Rochelle, pilotait son implantation. Et puis la Loi Littoral s’en mêle et le projet s’enlise. Impossible de construire. “Nous avons alors immédiatement songé à une réhabilitation. Cette première expérience nous invitait à penser que réhabiliter serait plus simple que bâtir un lieu nouveau. Sur ce principe, la Communauté d’agglomération nous a assuré une enveloppe financière. Nous avons créé l’association XLR —elle gère aujourd’hui la Sirène—et nous avons cherché un lieu”, raconte Gilles Bayet, qui a suivi le projet depuis l’origine. D’Aytré à La Rochelle, les rêves d’archipels sont nombreux avant la découverte de cette ancienne [singlepic id=508 w=250 float=left]usine de construction navale “rue de la soif” au bord du boulevard Delmas dans le quartier de La Pallice au coeur du grand port maritime de La Rochelle. L’usine embauchait, dans les années 60’, des ouvriers dont la journée était rythmée par le son des sirènes. Trouver le bon lieu, construire vite et bon marché… L’ambition affichée après cette première esquisse inaboutie était de mener à bien une réhabilitation. En Patrick Bouchain, architecte des rénovations, homme de théâtre et de spectacle tout autant que d’architecture, La Rochelle trouve son maître d’oeuvre idéal.

La suite de cet article dans le N°177 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro