Mathias Baudry, scénographe entre modernité et tradition

a12-01-portraitPour ce jeune homme passionné, la scène est avant tout un espace de jeu dans le sens large du terme, puisqu’il pratique aux côtés de l’exercice de la scénographie d’autres disciplines scéniques liées à la musique ou à la jonglerie. Deux facettes cultivées depuis l’enfance dans une famille alsacienne d’enseignants de l’histoire de l’art, naturellement propice à un éveil artistique qui ne tarde pas à se concrétiser. Baccalauréat obtenu, Mathias Baudry opte pour l’École supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg (ESADS) pour acquérir une formation dans un domaine qui lui tient à cœur, l’illustration de livres et plus particulièrement pour ceux destinés aux enfants. Une manière de générer la création d’un univers ouvrant sur l’imaginaire et l’espace. Mais au cours de sa seconde année d’études, une rencontre allait fixer son orientation professionnelle. Enseignant à l’École, Pierre-André Weitz s’intéresse aux travaux de Mathias et lui propose d’intégrer le département scénographie. La découverte d’une création artistique dont il ignorait tout le passionne. Il s’engage avec enthousiasme dans cette aventure, a12-02-pelleasbien aidé par son mentor qui lui ouvre le monde du théâtre dans une relation d’échange, empreinte d’une profonde humanité. En fin d’études en 2002, il achève son diplôme avec une pièce lyrique de Gluck, témoignant de son désir de “créer dans l’espace une relation entre des disciplines différentes”. Tout naturellement, il devient l’assistant de Pierre-André Weitz pour le théâtre et l’opéra, notamment sur Déshabillages de Jean-Michel Rabeux, La Damnation de Faust de Berlioz, mise en scène Olivier Py, et Otello de Verdi, mise en scène Miche Raskine. En 2003, Mathias Baudry signe ses premières créations avec les décors et costumes pour Le Château de Cène de Bernard Noël, mise en scène Wissam Arbache, et pour Médée-Matériau de Heiner Müller, mise en scène Sophie Rousseau avec laquelle il poursuit une collaboration, notamment pour C’est trop délicieux pour être de chair et d’os, adaptation de Roméo et Juliette de Shakespeare (2008) et Quel chemin reste-t-il que celui du sang ? de Sophie Rousseau (2010). Entre-temps, il collabore aussi avec Jean de Pange, le metteur en scène lorrain, notamment pour The Fairy Queen, opéra de Purcell d’après Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare (2008) et Pelléas et Mélisande de Debussy (2009).

La suite de cet article dans le N°175 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro